• Pas de visite d'État royale pour François Hollande

     Royaume-Uni : pas de visite d'État royale pour François Hollande

    François Hollande, peu apprécié outre-Manche, aura cette particularité d'avoir été le seul président de la Ve République à ne pas avoir été invité par la reine.

    DE NOTRE CORRESPONDANT À LONDRES, 
    Modifié le 02/12/2016 à 15:13 - Publié le 02/12/2016 à 15:01 | Le Point.fr 

    La reine Elizabeth II, François Hollande et Manuel Valls à l'Élysée après les célébrations du 70e anniversaire du Débarquement. © ERIC FEFERBERG / POOL / AFP

    Parmi les présidents de la Ve République, François Hollande présente une particularité : l'hôte de l'Élysée n'a pas eu droit à une visite d'État au Royaume-Uni. Les sujets de la reine se souviennent avec émotion du baiser lancé à la foule par Jacques Chirac en 1996, du show Sarkozy-Bruni en 2007 ou encore de l'hommage de François Mitterrand à leur souveraine – « C'est une vraie reine ». Sans oublier la figure tutélaire du général de Gaulle, l'incident des courants d'air lors du dîner à l'ambassade de France à la fin de la visite de Giscard ou les égards de l'anglophile Georges Pompidou.

    À l'issue du banquet de l'Élysée offert, le 6 juin 2014,  par le président de la République à la reine, auquel avait été invité l'auteur de ces lignes, François Hollande avait préféré parler avec les journalistes français de sa mission de bons offices auprès de l'Ukraine et de la Russie plutôt que de s'occuper de ses invités britanniques. Le problème n'est pas de pardonner ce genre de choses : le problème est qu'on ne les oublie jamais, tout simplement.

    Repoussoir

    L'absence de réciprocité au voyage officiel de la reine Elizabeth II à Paris en 2014 est-elle due au mépris qu'éprouvent les milieux politiques envers François Hollande ? Sans doute. Malgré de nombreuses rencontres, François Hollande n'est jamais parvenu à tisser les mêmes liens que son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, avec David Cameron, Premier ministre entre 2010 et 2016. Lors de la campagne victorieuse de 2015, David Cameron avait mis en exergue les errements de la politique économique du gouvernement français pour détruire le candidat du Labour, Ed Miliband. La presse de droite n'a eu cesse de monter en épingle les difficultés de la France comme un repoussoir : la taxe de 75 %, la dénonciation par Hollande de la finance son « ennemie » et surtout son attitude hostile aux milieux d'affaires. Avec l'actuelle hôtesse du 10 Downing Street, Theresa May, les rapports sont tendus en raison de l'attitude « musclée » de la France dans le dossier du Brexit.

    Surtout, la vie privée du chef de l'État a fasciné la puissante presse tabloïd qui a fait ses choux gras des révélations de Valérie Trierweiler comme de sa liaison avec Julie Gayet. Imagine-t-on un David Cameron apportant un sandwich œufs-bacon ruisselant de graisse et un thermos de thé au lait à sa maîtresse aux aurores ? Pas sérieux.

    Macron perçu comme une copie de Blair

    La décision de ne pas se présenter pour un second mandat a fait la une de plusieurs quotidiens. Tous soulignent le caractère inattendu et exceptionnel, dans l'histoire de la France, de cette décision. Manuel Valls apparaît comme le candidat le plus probable et le plus solide à gauche, d'après la plupart des analyses. Lors de sa venue à Londres, le 6 octobre 2012, le Premier ministre français avait séduit les chefs d'entreprise avec son discours « pro-business ».

    Le Times, le Guardian et le Financial Times mentionnent néanmoins la primaire de la gauche et la candidature d'Emmanuel Macron comme des obstacles difficiles à surmonter pour Manuel Valls. Sauf que Macron est perçu comme une copie de Tony Blair, le politicien le plus détesté, à droite comme à gauche.

    Reste qu'à l'ombre de Big Ben, au-delà du retrait de François Hollande, le favori de l'élection présidentielle est François Fillon. Le vainqueur de la primaire de la droite a le double avantage d'être marié à une Galloise et d'admirer Margaret Th


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