• l’institutrice Jacqueline Gueroudj, membre du parti communiste algérien (PCA),

    Posté Par :Pieds Noirs 9A..

    DANS LE DROIT DE SAVOIR..

     

     

    Le 15 novembre 1956, l’institutrice Jacqueline Gueroudj, membre du parti communiste algérien (PCA), 

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    Le 15 novembre 1956, l’institutrice Jacqueline Gueroudj, membre du parti communiste algérien (PCA), après avoir placé deux bombes, qui lui ont été livrées par un certain Abderrahmane Taleb, membre actif du front de libération nationale (FLN) et adjoint de Larbi Ben Mhidi, chef de la zone autonome d’Alger (ZAA), dans un sac de plage lui-même enfoui dans un cabas à provisions, quitte un appartement situé à Alger dans le quartier d’Hussein-Dey. Dans une 2cv Citroën, où elle emmène son fils de quatre ans, elle prend la direction du ravin de la Femme-Sauvage au bas de Birmandreis, et retrouve à un endroit convenu : Fernand Yveton, un autre communiste. Elle lui tend la sacoche et un papier sur lequel sont inscrites les consignes qu’il doit appliquer. Celui-ci en découvrant l’existence des deux engins explosifs, proteste : « On m’avait dit qu’il y en aurait qu’une. Même si elles sont réglées pour exploser après le départ de tout le personnel de mon usine de l’électricité et gaz Français d'Algérie (EGA), cela double le risque qu’il y ait des victimes. Donne m’en une seule et va rapporter l’autre aux camarades qui t’ont envoyée. » L’entretien se termine sur ces mots, et le militant se rend à son travail, dépose le colis piégé selon les instructions reçues, dans un vestiaire désert et quitte les lieux rapidement. Un contremaitre qui l’a vu agir, trouve son attitude suspecte, donne l’alerte à la police et Yveton est arrêté puis emmené au commissariat de police le plus proche. Pressé activement de questions, il raconte ce qu’il vient de faire. Des artificiers se rendent à l’usine à gaz pour désamorcer la bombe. Pendant ce temps, Yveton interrogé de plus en plus durement, déclare : « C’est une femme blonde arrivée en 2 cv qui m’a remis le colis. Elle a gardé l’autre qui doit exploser dans le quartier de Belcourt vers 19h30. Ensuite, je devais rendre compte de ma mission à mes chefs, dont j’ignore l’identité. » Le terroriste ment, Jacqueline étant brune, elle va ainsi tromper les barrages de police. En indiquant une heure approximative, il permet à Briki Yahia, ancien rédacteur du quotidien communiste : Alger Républicain et à Ferrugia un militant du quartier de Bab-el-oued, d’échapper aux policiers. Jacqueline Guerroudj, de son côté, agit avec morgue. Elle fait asseoir son enfant sur le sac contenant encore la deuxième bombe, réglée pour exploser effectivement à 19h30. Elle a le temps de rejoindre ses comparses pour que ceux-ci désamorcent la minuterie. Fernand Yveton est jugé onze jours à peine après son arrestation. Malgré ses dénégations affirmant qu’il avait eu le souci d’épargner des vies humaines, le tribunal, en l’absence d’un avocat communiste au banc de la défense, le condamne à mort. La direction du PCA adopte une attitude différente de celle du parti communiste français (PCF) et se solidarise pleinement dans son bulletin clandestin : Liberté, avec le camarade Yveton. Ultérieurement, en décembre, Aderrahamane Taleb, Jacqueline Guerroudj ainsi que son époux Abelkader Guerroudj, seront arrêtés, et également condamnés à la peine capitale. Une campagne en faveur des époux Guerroudj organisée dans les milieux universitaires et dans ceux de gauche, fera qu’ils échapperont à la mort. Mais Yveton, après que le président René Coty ait rejeté son recours en grâce, sera guillotiné début février 1957 dans la cour de la prison de Barberousse à Alger. Le comité central du PCA ayant envoyé un message au PCF pour demander aux communistes français de prendre une position plus nettement favorable vis-à-vis de Fernand Yveton, obtiendront une satisfaction relative quand dans un article de l’Humanité du 12 février 1957, l’éditorialiste et député Etienne Fajon donnera à Yveton le qualificatif de militant « courageux ».  


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