• Incendie à Fontenay-sous-Bois

    Incendie à Fontenay-sous-Bois : la mère aurait tué ses deux enfants

     Denis Courtine et Laure Parny
    Fontenay-sous-Bois, 5, rue Jean-Macé, samedi soir. Une maman de 32 ans aurait frappé ses enfants avant de les jeter dans le vide et de se donner la mort elle aussi. LP/Laure Parny
     
     
    Denis Courtine et Laure Parny

    48 heures après le tragique incendie de Fontenay (Val-de-Marne) au cours duquel une mère et ses deux enfants ont trouvé la mort en se défénestrant, un rebondissement spectaculaire est à attendre du côté de l'enquête. 

    Doit-on dire la vérité quand elle est insupportable à entendre ? Doit-on dire la vérité quand la version officielle du « drame familial » peut suffire ? Doit-on dire la vérité en pensant à la fillette rescapée de ce coup de folie qui lira peut-être un jour ces lignes ? En se donnant la mort ce soir du 31 décembre, ce qui éteint juridiquement toute action publique, cette mère de famille de Fontenay ne sera donc jamais jugée pour avoir assassiné deux de ses enfants et tenté d’en tuer un troisième. Un doute subsistera toujours. Pourtant, la vérité se rapproche très vraisemblablement d’un double homicide dû à une crise de démence. Une information que le parquet de Créteil, injoignable ce lundi, ne nous a pas confirmé ou infirmé.

    Au début, tout le monde est persuadé qu’un feu accidentel a éclaté dans cet appartement au 13e étage de cette tour du 5, rue Jean-Macé. Les deux enfants Priscilia (8 ans) et Jean-Richard (3 ans) sautent du balcon pour échapper aux flammes. La mère, âgée de 32 ans, en fera autant quelques secondes plus tard. La rescapée, 6 ans, sera retrouvée par les pompiers dans le salon et hospitalisée à Necker, où ses jours ne sont plus en danger.

    Il n'y avait pas de flammes

    Pourtant, très vite, les enquêteurs comprennent que les choses ne se sont pas passées comme cela. L’enfant de trois ans ne peut pas avoir enjambé le balcon. La famille ne pouvait pas fuir les flammes car il n’y en avait pas. « Il y avait certes beaucoup de fumée mais il suffisait de rester sur le balcon », soupire un policier. Deux départs de feu, dans des chambres, ont été constatés par les pompiers. « La maman a sans doute essayé de mettre le feu à différents endroits », note une source proche du dossier.

    Des traces de coups sur les enfants

    L’autre élément accablant qui accrédite la thèse d’une tuerie, ce sont les traces de coups relevés sur les enfants. On ne connaissait pas encore les résultats de l’autopsie pratiquée ce lundi sur Priscilia et Jean-Richard. « Mais ils ont bien été frappés avec un objet contondant », confirme un policier. La survivante présente un traumatisme crânien avec une plaie.

    La mère était dépressive

    Les enquêteurs ont très vite vérifié l’emploi du temps du père, qui était absent au moment du drame. « Son alibi est inattaquable », assure un policier. Les enquêteurs fouillent alors la personnalité de la mère. Selon un voisin, elle était dépressive et avait déjà confié son envie de se suicider. Elle avait en tout cas fait récemment l’objet d’une hospitalisation d’office. La famille aurait déjà été signalée aux services sociaux, notamment car les enfants manquaient l’école trop souvent.

    Toute la journée de ce lundi, des médecins étaient disponibles au centre municipal de santé pour recevoir les habitants sous le choc. Ce mardi, un dispositif spécial est prévu dans l’école Wallon où étaient scolarisées les victimes. Trois psychologues seront sur place, accompagnés d’enseignants supplémentaires.

    Le père a un alibi inattaquable

    « Nous avons sensibilisé tous les animateurs des accueils périscolaires. Ils mettront en place des groupes de parole pour les enfants s’ils évoquent les faits », précise le cabinet du maire. La ville a, par ailleurs, prévu un relogement au plus vite si le père le souhaite. Une grande veillée funèbre, d’ici à une dizaine de jours, aura lieu dans une grande salle prêtée par Fontenay.

    Reste la survivante, que le père accompagne depuis le drame. « Elle n’a pas réalisé ce qui s’est passé, lâche une source du dossier. Soit elle n’a pas compris, soit c’est du déni. Elle est très loin de pouvoir entendre la vérité ».

      leparisien.fr

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