• handicapé à vie parce qu’il avait demandé d’aller fumer dehors

     Nanterre : handicapé à vie parce qu’il avait demandé d’aller fumer dehors

    Valérie Mahaut
    Nanterre. Tours Aillaud, quartier Pablo Picasso. Deux jeunes hommes se sont déchaînés sur leur victime, croisée sur le palier. LP/Florence Hubin 
     
    Valérie Mahaut

    Deux jeunes gens sont jugés pour avoir tabassé un homme  une nuit de mars 2015 dans le hall d’une tour du quartier Pablo-Picasso de Nanterre. 

    C’est le procès d’une violence gratuite, extrême, irrationnelle. Littéralement massacré dans un déchaînement ahurissant de coups, une nuit de mars 2015 dans le hall d’une tour Aillaud, quartier Pablo-Picasso à Nanterre, un homme d’une quarantaine d’années est condamné depuis au fauteuil roulant. Il a néanmoins fait le déplacement à la cour d’assises des Hauts-des-Seine, où s’est ouvert ce lundi le procès de ses deux agresseurs. Il espère « comprendre quelque chose ». Mais les clés d’une telle violence paraissent inaccessibles.

    Les accusés, deux gringalets du quartier, se disent « pas violents ». Et semblent ne pas se comprendre eux-mêmes. « J’ai eu un problème de maîtrise de moi », se contente d’expliquer Patrick, 23 ans, sans nier « la violence extrême dans les coups » qu’il a portés à Jean-Thomas, résident de la tour de 38 étages qu’il n’avait jamais vu avant la nuit du 8 mars.

    Une série de coups de pied ne visant que la tête

    Diffusée à l’audience, la vidéo du passage à tabac a stupéfié les jurés et plongé la salle dans une hébétude silencieuse. Sur les images, il est 5 heures 34 quand Jean-Thomas pousse la porte du 17, allée de l’Arlequin pour rentrer chez lui après avoir raccompagné une amie. Il s’approche de l’ascenseur quand Patrick et son copain Kevin, 23 ans à l’époque, en sortent. Avec un extincteur à la main. Les copains viennent de « faire la fête » sur le palier des 15e et 16e étage. Ils y ont fumé, bu, et se sont amusés à vider des extincteurs. En tombant nez à nez avec Jean-Thomas, Patrick pose l’extincteur. Et lui décoche un énorme coup de poing au visage. Sonné, Jean-Thomas tente de discuter mais voilà que son agresseur sautille comme un boxeur et lui assène un deuxième coup au visage, tandis que Kevin le vise avec l’extincteur. Jean-Thomas s’écroule. Le suite est effroyable.

    En ne visant que la tête, Patrick lâche une série de coups de pieds, comme dans un ballon. Kevin aussi, dans une moindre mesure. La puissance des coups est telle que le corps se déplace tandis que le malheureux s’enfonce dans l’inconscience. Puis Patrick écrase le visage de la victime à coups de talons. Répétés et donnés avec élan. Kevin quitte le hall en tentant d’arrêter son copain mais rien n’y fait. Pourtant, à plusieurs reprises, Patrick se détourne de sa victime en sang. Mais il réapparaît pour lui shooter à nouveau dans la tête. En revenant pour la dernière fois sur ses pas, il fait les poches de la victime.

    Quelques heures plus tôt, Patrick avait croisé Jean-Thomas dans le hall. Avec cinq copains, le premier fumait un joint ou une cigarette, il ne sait plus. Jean-Thomas l’a prié d’aller fumer dehors. Avant d’être poussé vers l’ascenseur par un ami de Patrick, « pour que ça ne dégénère pas », dit cet ami à la barre. « Peut-être qu’il lui a demandé de sortir sur un mauvais ton. Peut-être que s’il lui avait demandé gentiment, ça ne se serait pas passé », suppose le copain témoin, tout en se disant « super étonné » de l’incroyable violence de ses amis. Patrick et Kevin encourent quinze ans de réclusion pour violence ayant entraîné une infirmité permanente. Leur procès s’achève mercredi.

      leparisien.fr

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