• Fusillade au tribunal de Melun : «Je lui ai demandé de m'épargner le visage»

    Fusillade au tribunal de Melun : «Je lui ai demandé de m'épargner le visage»

    Tribunal de Melun (Seine-et-Marne).

    Tribunal de Melun (Seine-et-Marne). Crédits photo : THOMAS SAMSON/AFP

    Le bâtonnier du palais de justice de Melun (Seine-et-Marne), Henrique Vannier, revient sur cette matinée du 29 octobre, lorsqu'il a été pris pour cible par Joseph Scipilliti, un avocat qui s'est ensuite suicidé.

     

    Un peu moins d'une semaine après avoir reçu plusieurs balles le touchant au niveau du thorax, de l'épaule et de la hanche, Henrique Vannier, bâtonnier au bareau de Melun (Seine-et-Marne) n'est toujours pas sorti de l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, où il a subi plusieurs interventions. Mais il l'assure: «je vais bien, j'ai huit orifices, mais aucune balle n'est restée dans le corps. Depuis hier, je suis debout, je suis en forme, j'ai le moral.» Et le besoin de raconter l'épreuve qu'il a traversé, conscient d'être «un miraculé».

    Ce jeudi 29 octobre, en arrivant «à 8 heures» à son bureau au palais de justice de Melun, sa secrétaire lui annonce que Me Scipilliti veut le voir. «S'il vient dans une demi-heure, dans une demi-heure je suis mort», répond alors le bâtonnier, déjà visé par des lettres de menaces de cet avocat en proie à des poursuites disciplinaires pour manquements déontologiques. Finalement, il consent à le recevoir. «Lorsque j'ai voulu m'asseoir, il pointait une arme sur moi et il m'a dit: Ne bouge plus. Et lorsqu'il m'a dit ne bouge plus, j'ai fait le contraire et j'ai bougé, je me suis battu comme un lion. J'ai pris tout ce que j'avais sous la main pour essayer de le désarmer», poursuit l'avocat au micro de RTL,

    «Je n'ai pas voulu regarder»

    Joseph Scipilliti tire et le blesse à quatre reprises puis passent «six, sept, huit minutes pendant lesquelles il prend des cachets afin de se donner le courage de retourner son arme dans la bouche», poursuit très ému Me Vannier. «Je lui ai demandé de m'épargner le visage, pour que mes enfants de dix et sept ans puissent me revoir une dernière fois. Et c'est à partir de ce moment-là que je vois son visage changer, j'ai dû le toucher, l'humain est revenu.»

    L'avocat de 63 ans se donne ensuite la mort en laissant la vie sauve au bâtonnier. «Il a retourné l'arme sur lui et il s'est tiré une balle dans la bouche, chose que je n'ai pas voulu regarder parce que je ne voulais pas garder cette image-là». Gravement blessé, Henrique Vannier est ensuite sorti de son bureau. La police l'aurait d'abord pris pour «le forcené» le soumettant à un contrôle de police «normal». «On m'a demandé de me mettre à genoux pendant 5 minutes et de lever des bras que je ne pouvais plus lever…mais tout va bien.»

    (Avec AFP)


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