• Condamné pour avoir suggéré la concentration des Roms dans des «camps»

    Un ex-membre du FN condamné pour avoir suggéré la concentration des Roms dans des «camps»

    Par :Lefigaro.fr avec AFP

     
    Paul-Marie Coûteaux, tête de liste FN-Rassemblement Bleu marine dans le VIe arrondissement de Paris aux municipales de 2014, a été condamné mercredi à 3000 euros d'amende pour des propos, où il suggérait notamment, sur son blog, de "concentrer" les Roms «dans des camps». Sur son blog, le président de Souveraineté, Indépendance et Libertés (Siel, un micro-parti allié au FN au sein du RBM), s'en prenait à la présence de Roms dans l'arrondissement huppé où il se présentait.

    Parlant d'«invasion» ou de «lèpre» qui porterait atteinte à «l'ordre esthétique» du VIe arrondissement, il s'interrogeait ainsi: «Mais que peut faire le Ministre de l'Intérieur - à part concentrer ces populations étrangères dans des camps, où la vie serait sans doute si peu conforme à ce qu'elles escomptaient du voyage qu'elles préféreraient déguerpir d'un territoire aussi inhospitalier ?».

    La solution proposée par l'auteur serait «de concentrer ces personnes dans des camps, du seul fait de leur qualité de Rom», a estimé le tribunal correctionnel de Paris, qui relève que le vocabulaire «rappelle indubitablement au lecteur l'action des nazis lorsqu'ils étaient au pouvoir en Allemagne». La suite, note le tribunal, où Paul-Marie Coûteaux juge «que le "courageux ministre" serait empêché d'agir par les règles européennes, manifeste par ailleurs un regret devant l'impossibilité de recourir à ce moyen».

    Paul-Marie Coûteaux avait invoqué une mauvaise interprétation de ses propos. Le tribunal répond qu'aucun passage «ne vient indiquer ou même insinuer que la référence à des camps de concentration serait purement rhétorique et ironique». Dans le texte, les Roms sont associés «sans ambiguïté à la laideur, à la saleté et la propagation de maladies, rabaissant ainsi cette population à un phénomène en soi répugnant et dangereux, le registre utilisé étant d'ailleurs proche de celui utilisé pour les animaux nuisibles», étrille le tribunal.

    Si dans le cadre d'un débat politique, de surcroît en pleine campagne électorale «la liberté d'expression d'un candidat ne peut connaître d'ingérence ou de restriction que pour des motifs impérieux», les limites admissibles de cette liberté ont été «singulièrement dépassées, au regard de la violence du propos et de son caractère gravement discriminatoire».

    Paul-Marie Coûteaux a en outre été condamné à verser à la Maison des Potes, qui avait porté plainte, 2000 euros de dommages et intérêts, la même somme pour les frais de justice, et à SOS Racisme 1000 euros de dommages et intérêts, et là aussi, la même somme pour les frais de justice.

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