• Attentats. La Défense était une cible

     
     Attentats. La Défense était une cible
     
    25 novembre 2015 à 05h25

    Un projet d'attentat dans le quartier très fréquenté de La Défense, des complicités étendues, Abdelhamid Abaaoud qui retourne au Bataclan après avoir semé la mort sur les terrasses de Paris : la cellule qui a mené les attaques meurtrières, le vendredi 13 novembre, offre un visage chaque jour plus glaçant.



    Le rôle d'Abdelhamid Abaaoud se précise
    Ce Belgo-Marocain de Molenbeek a probablement formé, avec Brahim Abdeslam et un troisième homme, le commando qui a mitraillé plusieurs terrasses de cafés. Tout en se coordonnant avec l'un des kamikazes du Stade de France, Bilal Hadfi. Les deux hommes ont eu plusieurs contacts téléphoniques avant les attaques. Par ailleurs, un SMS est parti d'un téléphone utilisé par le commando du Bataclan. Après avoir vraisemblablement abandonné le véhicule utilisé par son commando à Montreuil, Abaaoud a pris le métro pour revenir jusqu'à proximité du Bataclan, alors que la BRI y intervenait encore, a révélé, hier, le procureur de la République de Paris, François Molins, en se basant sur la géolocalisation de son téléphone. Naviguant ensuite entre La Courneuve et Aubervilliers, il est ensuite recueilli par sa cousine, Hasna Aitboulahcen, quatre jours après les attaques pour se replier avec un complice dans l'appartement de Saint-Denis ciblé par le Raid au petit matin du 18 novembre. L'assaut fera trois morts : Abaaoud, son complice et sa cousine.

    A découvrir aussi

    Notre direct sur l'enquête post-attentats


    Quels projets d'attentat ?
    Pour François Molins, avant de mourir dans l'appartement de Saint-Denis, Abaaoud et son complice comptaient se faire exploser à La Défense, le 18 ou le 19 novembre. Fugitif recherché dans toute l'Europe, Salah Abdeslam a pris la fuite vers la Belgique après avoir sans doute convoyé les kamikazes du Stade de France. La ceinture explosive retrouvée, lundi, à Montrouge, au sud de Paris, était probablement la sienne.

    Comment étaient composés les commandos ?
    Après une nuit à Bobigny, Hadfi et deux hommes non identifiés, contrôlés en Grèce le 3 octobre dans le flot des migrants fuyant la Syrie, se sont fait exploser au Stade de France. L'équipe des tueurs des terrasses a également logé à Bobigny. En faisaient partie Abdelhamid Abaaoud, Brahim Abdeslam, qui s'est fait exploser boulevard Voltaire, et un troisième homme. Les analyses ADN peuvent laisser penser qu'il s'agit du kamikaze encore non identifié qui a déclenché son gilet explosif à Saint-Denis. Les trois kamikazes du Bataclan ont passé la nuit à Alfortville (Val-de-Marne). Parmi eux, deux Français, Omar Ismaïl Mostefaï et Samy Amimour, ainsi qu'un troisième, non identifié.

    Quelles complicités ?
    La justice belge a lancé un mandat d'arrêt contre Mohamed Abrini, un Belgo-Marocain de 30 ans, filmé par une caméra de vidéosurveillance en compagnie de Salah Abdeslam, deux jours avant les attaques, dans une station essence de l'Oise, alors qu'il conduisait la Clio utilisée dans les attaques (lire ci-contre). Cinq hommes ont été inculpés et incarcérés par la justice belge. En France, la cousine d'Abaaoud, Hasna Aïtboulahcen, 26 ans, lui a permis de trouver un logement de repli. Elle est morte lors de l'assaut des policiers du Raid. Présenté comme un « marchand de sommeil » de Saint-Denis, Jawad Bendaoud est celui qui a fourni ce logement « contre rémunération ». Il a accueilli Abaaoud et l'homme qui l'accompagnait le soir du 17 novembre. Et avant même les attentats, il a été en lien avec un téléphone belge, lui-même « en contact avec une ligne utilisée par les terroristes », selon François Molins. La personne qui a mis en relation Bendaoud et Aïtboulahcen est recherchée.

    En complément

    Victimes. Hommage national inédit vendredi

    Selon le voeu du président François Hollande et du Premier ministre Manuel Valls, cet hommage « national et républicain » sera « rendu dans la gravité et la solennité, mais aussi la beauté » de l'ombre du dôme doré des Invalides et du tombeau de Napoléon.

    Un seul orateur : le chef de l'État qui devrait s'exprimer pendant une vingtaine de minutes, devant quelques-uns des 350 blessés du Bataclan et des terrasses de la capitale. À travers son discours, le Président rendra aussi hommage à une génération, celle du Bataclan et des terrasses des cafés parisiens mitraillées où la moyenne d'âge était de 35 ans.

    La soeur d'une victime appelle au boycott

     

    Familles et blessés seront accueillis aux Invalides par les agents de la cellule interministérielle d'aide aux victimes du Quai d'Orsay avant de prendre place sur les gradins d'une longue tribune érigée dans la cour d'honneur, « le cadre le plus solennel, le plus républicain qui puisse être choisi », souligne-t-on à l'Élysée. La soeur de l'une des victimes, François-Xavier Prévost, tué au Bataclan a appelé sur sa page Facebook à boycotter la cérémonie des Invalides, considérant les politiciens « comme partie responsable de ce qui nous arrive ! ». « Très sobre », la cérémonie sera filmée par les caméras du ministère de la Défense et retransmise par plusieurs chaînes de télévision. Elle s'ouvrira à 10 h 30 précises et devrait durer près d'une heure. Outre les familles et les blessés, l'ensemble des autorités de l'État prévues par le protocole de la République, le corps diplomatique et l'ensemble des dirigeants des partis politiques y assisteront. Un mini-conseil des ministres a été discrètement réuni la veille à l'Élysée pour en fixer les grandes lignes avec, autour du Président dans le Salon des Ambassadeurs, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Défense), Christiane Taubira (Justice), Jean-Marc Todeschini (Anciens combattants) et Fleur Pellerin (Culture).

    Toujours selon la présidence, François Hollande et Manuel Valls, « en liaison avec la cellule d'accompagnement des victimes et le parquet, responsable de la procédure judiciaire en cours, ont souhaité attendre que l'ensemble des victimes soient identifiées » avant d'organiser cette cérémonie. Il s'agissait aussi de donner le temps aux familles d'organiser les obsèques de leurs proches, même si toutes n'auront pas encore eu lieu vendredi.

     

    Un nouveau suspect recherché par la justice belge

    La justice belge a lancé, hier, un mandat d'arrêt international contre un homme, âgé de 30 ans, Mohamed Abrini, identifié en compagnie du suspect clé, Salah Abdeslam, deux jours avant les attentats de Paris. L'homme a été filmé le 11 novembre vers 19 h, dans une station-service de Ressons (Oise, au nord de Paris), au volant de la Clio (notre photo) qui a servi deux jours plus tard à commettre les attentats. Mohamed Abrini est décrit comme « dangereux et probablement armé ».

    Par ailleurs, le magistrat instructeur belge, spécialisé en matière de terrorisme, a décidé, hier, de placer un individu sous mandat d'arrêt du chef de participation aux activités d'un groupe terroriste et d'assassinats terroristes. L'identité de cet individu n'a pas été divulguée. Cela porte donc à cinq le nombre de personnes placées en détention préventive au cours de la semaine dans le cadre de l'enquête menée en Belgique sur les attentats de Paris.

     

    Vers une certification des imams en France

    Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a annoncé, hier, la mise en oeuvre d'une « certification » des imams en espérant qu'elle permettra de promouvoir un « islam ouvert » face à la radicalisation jihadiste. Slimane Harrag, président du centre culturel musulman de Brest, a estimé que « c'est ce qu'il fallait (...) depuis longtemps. (...) C'était une urgence. Chacun prêchait dans son coin, sans contrôle. » Le président du CFCM, Anouar Kbibech, est, par ailleurs, l'invité d'une conférence vendredi, à partir de 20 h 30, à la faculté Victor-Segalen, à Brest. Voir la vidéo sur www.letelegramme.com

    « L'émir blanc » placé en garde à vue

    Olivier Corel, dit « l'émir blanc » de la filière islamiste d'Artigat en Ariège, a été placé en garde à vue, hier, pour détention illégale d'un fusil de chasse. L'arme a été découverte dans le cadre d'une perquisition conduite au domicile de l'intéressé. Olivier Corel, 69 ans, fut le mentor présumé de plusieurs jihadistes toulousains, de Mohamed Merah à Fabien Clain, dont la voix a été identifiée dans la revendication des attentats de Paris.

    Des portiques pour accéder au Thalys avant le 20 décembre

    Le gouvernement a décidé d'installer avant le 20 décembre des portiques pour le Thalys, qui relie notamment la France, la Belgique et les Pays-Bas, à Lille et à Paris. Cette mesure, décidée à la suite des attentats de Paris le 13 novembre, sera aussi instaurée à Bruxelles, à Amsterdam et à Cologne (Allemagne).


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    25 novembre 2015 à 05h25
     

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