• La candidature d’Anne Hidalgo, en 2022 ? Hier, ça se profilait ; aujourd’hui, ça commence à se confirmer. Dans Le Point du jeudi 17 septembre, la première des Parisiennes affirme ainsi en préambule : « Je vois bien que le regard sur moi a changé. » Et de conclure l’entretien à propos de l’échéance présidentielle : « Il y a de la place pour une offre sociale-démocrate, écologiste, citoyenne, face à la multiplication probable des candidats de droite et une extrême droite qui reste en embuscade. »

    Et la même d’ajouter : « Je prendrai toute ma part dans la bataille qui s’annonce. » C’est-à-dire qu’elle ne s’interdit rien, quitte à tout se permettre. À propos de ce quasi-secret de Polichinelle, Emmanuel Grégoire, son premier adjoint à la mairie de Paris, lâchait même un peu le morceau, le 31 août : « Je suis convaincu qu’une femme arrivera à rassembler. » Mais qui donc, pardi ! On se le demande…

    D’ailleurs, à gauche, qui d’autre qu’elle ? Anne Hidalgo est la seule qui puisse éviter une nouvelle humiliation au Parti socialiste et à ses alliés. Contrairement à d’autres de ses confrères et consœurs, elle est fine politique. La preuve en est que, dans la capitale, sa majorité tient à peu près bon depuis des années. Certes, il y a eu l’épisode Agnès Coffin, écolo-féministe ayant poussé Christophe Girard, son adjoint à la Culture, à la démission pour ses liens anciens avec l’écrivain Gabriel Matzneff, suspecté de pédophilie.

    Mais voilà qui a également montré sa maîtrise des rouages politiciens, sacrifiant froidement le Girard en question pour éviter que sa majorité ne se disloque. Quinoa sur le gâteau : en tolérant une frange extrémiste sur sa gauche, elle s’offre le luxe d’un recentrage à peu de frais. Ou de l’art d’être à la fois notable et radicale. Bien joué.

    Littéralement exsangue, ce qui reste du PS n’a plus rien à lui refuser. Quant aux Verts, l’élection présidentielle n’est pas leur scrutin de prédilection, ne serait-ce que pour des raisons politiques, leur culture ayant toujours été historiquement rétive à toute forme de césarisme. En revanche, les écologistes peuvent se révéler de solides alliés, une fois levée l’hypothèse Yannick Jadot, leur tête de liste aux dernières européennes qui se verrait bien un destin national en 2022. Son éviction, elle y travaille déjà d’arrache-pied en s’appuyant sur Éric Piolle, le très dogmatique maire de Grenoble, dans la guerre interne qu’il mène contre un Jadot suspecté d’arrivisme.

    Reste le PCF et LFI. Le premier, encore en moins bonne santé que son rival socialiste, n’a guère plus qu’Anne Hidalgo pour tenter de prolonger sa survie, tel qu’elle le fait à Paris. La seconde, qui a vu ses bataillons électoraux ouvriers rallier en masse le RN, tente de se refaire une santé grâce à l’écolo-indigénisme à coloration féministe. Mais au jeu du progressisme sociétal échevelé, les Verts seront toujours plus crédibles qu’un Jean-Luc Mélenchon, un jour populiste tricolore et l’autre non.

    Bref, pour notre dame de Paris, c’est un boulevard à gauche ; voire même un boulevard tout court, sachant qu’en face, la droite donnée pour être de « gouvernement » est passée avec armes et bagages à LREM, ne laissant derrière elle qu’un Bruno Retailleau et un Éric Ciotti, conjuguant à eux deux le charisme d’un François Hollande.

    Ainsi Anne Hidalgo entend-elle incarner la gauche, ce qui est des plus logiques, puisque Emmanuel se pose depuis peu en rassembleur de la droite. Mais il y a évidemment Marine Le Pen, la seule candidate véritablement déclarée à ce jour. Et là, le jeu demeure plus ouvert que jamais, sachant que le ticket du second tour devrait, tel qu’en 2017, se situer autour des 16 ou 18 %. Contre Marine Le Pen, Macron estime que sa réélection est assurée, même si le pari devient, chaque jour, un peu plus risqué. Contre Anne Hidalgo, il le serait plus encore.

    À l’Élysée, ça n’a pas fini de cogiter. Surtout que rien ne dit qu’Emmanuel Macron soit forcément qualifié pour ce même second tour.

    Nicolas Gauthier

    Source : http://bvoltaire.fr


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  • À Bobigny, la proximité gênante d’élus avec l’épouse d’un membre du gang des barbares !

     
     

    En février dernier paraissait un livre qui jetait un gros pavé dans la mare des municipales. 

    Sous le titre Le Maire et les Barbares, la journaliste Ève Szeftel dénonçait « ces élus qui ont vendu leur âme », achetant, selon elle, une prétendue paix sociale en offrant postes en mairie et subventions à des associations où prospèrent voyous et islamistes – ce sont souvent les mêmes.

    Était particulièrement visé, dans ce livre, le patron de l’UDI Jean-Christophe Lagarde, ex-maire de Drancy et député de Seine-Saint-Denis. La journaliste allait même jusqu’à faire état d’une étrange complaisance de l’édile envers l’entourage du gang des barbares, notamment une certaine Lynda Benakouche, épouse de Jean-Christophe Soumbou.

    Petit retour en arrière : le gang des barbares est cette équipe qui, en janvier 2006, a enlevé, torturé puis assassiné Ilan Halimi.

    Ils seront 27 à comparaître en 2009, accusés d’enlèvement et séquestration en bande organisée, actes de torture et de barbarie, et assassinat avec, pour sept d’entre eux, l’accusation aggravante d’« association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre avec préméditation en raison de l’appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion ». L’organisateur est Youssouf Fofana. C’est lui qui a égorgé Ilan Halimi avant de mettre le feu à son corps torturé. Jean-Christophe Soumbou est l’un de ses lieutenants. Il a connu Fofana à la prison de Nanterre où il était incarcéré pour vol avec violence. Un type bien, lui aussi… qui serait néanmoins sorti de prison depuis juillet 2019.

    Lynda Benakouche est la très influente épouse de Jean-Christophe Soumbou. Une dame très prisée de la mairie, mais si Jean-Christophe Lagarde l’a côtoyée, c’était en quelque sorte à l’insu de son plein gré, si l’on en croit son avocat. Indigné, il déclarait en effet au Parisien, en février dernier : « C’est dément de penser que Jean-Christophe Lagarde ait voulu financer des gens proches du gang des barbares. Pourquoi pas Al-Qaïda ! […] Il a rencontré Lynda Benakouche deux fois pour son projet sur la Maison des parents et pour un logement, car elle se présentait comme une femme isolée. Il ignorait qu’elle était la compagne de l’un des membres du gang des barbares. Je doute que cela ait été connu avant juin 2014. »

    Nous aussi, on doute. Car Le Parisien le rappelle aujourd’hui : si l’UDI a perdu la mairie de Bobigny, c’est bien parce que ses adversaires ont fait campagne autour cette histoire. Car, « au-delà de la condamnation de son époux, [Lynda Benakouche] a fait l’objet de trois admonestations de la préfecture de Seine-Saint-Denis au sujet de son emploi. Par trois fois, sous la mandature UDI, entre 2014 et 2020, les services de l’État ont pointé ses qualifications inférieures à celles exigées pour l’emploi occupé » (agent d’animation au service des sports). La chambre régionale des comptes avait, d’ailleurs, « épinglé Lynda Benakouche dans le lot des agents surpayés au regard de leurs compétences. À chaque fois, la municipalité lui a refait un nouveau contrat, et, juste avant le premier tour des élections, l’a même “stagiairisée” — ouvrant la voie à un statut de fonctionnaire », écrit le quotidien.

    Lynda Benakouche était ainsi devenu durant la campagne d’Abdel Sadi un “argument anti-UDI”. Le nouveau maire communiste allait jouer les Monsieur Propre, on allait voir ce qu’on allait voir.

    Abdel Sadi est allé à la fête du quartier de l’Abreuvoir, à Bobigny. A posé pour un selfie avec Lynda Benakouche et, tout fier, a posté la photo sur Facebook. C’est parce qu’il est pour une « politique d’apaisement », dit son directeur de cabinet.

    Bref, les indignations, c’était bon pour la campagne électorale.


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    Un décret énonce désormais de quelle manière certaines sections de routes nationales pourront être classées dans la catégorie "autoroute"... et donc concédées !

    Si l'on voulait être un peu caustique, on dirait que la date de publication du décret au Journal officiel, passé quasi inaperçu, n'a pas été choisie par hasard : en plein milieu du mois d'août, le 15. Le décret en question établit les conditions auxquelles des sections de routes nationales pourront passer dans la catégorie des autoroutes. Il précise, en fait, l'un des articles de la loi d'orientation des mobilités (LOM), promulguée le 24 décembre 2019.

    Qu'explique-t-il concrètement ? Que des portions de routes gérées par l'Etat, avec un profil 2x2 voies et chaussées séparées, situées dans le prolongement d'une autoroute, peuvent être intégrées au réseau d'autoroutes et donc être potentiellement concédées. Certes, celles-ci ne concernent que plusieurs dizaines de kilomètres sur les quelque 12.000 km de routes nationales, mais à l'heure où la privatisation d'une majeure partie des autoroutes (9.184 km sur 11.600) suscite toujours la controverse, cet adossement de portions de routes à des concessions autoroutières pose question sur la future gestion du réseau national. Car l'un des objectifs de cet amendement vise "à sécuriser juridiquement l'adossement au réseau routier concédé de sections du réseau routier".

    Lors de la proposition de la LOM, l'exemple cité était le prolongement de l'A51 à gabarit routier entre le péage de La Saulce et la vallée de l'Avance, qui pourrait désormais aller jusqu'à l'intersection de la RN94 et de la RD942. L'idée était de désengorger ce genre de tronçons, en échange de leur entretien par les concessions, à condition qu'ils soient “couverts par une augmentation des tarifs raisonnable”.

    Une manne pour les concessions autoroutières

    Dès lors, on peut se demander quelles répercussions pécuniaires aura, sur les usagers, la concession de ces tronçons de nationales. Car s'il n'est pour l'heure pas question (du moins pas encore) d'imaginer des péages sur les RN, on sait bien que les sociétés concessionnaires d'autoroutes n'ont pas vocation à se lancer dans le bénévolat. Pour preuve, le rapport de l'Autorité de régulation des transports (ART) publié fin juillet. En 2019, le taux de rentabilité des concessionnaires historiques s'établissait à 7,8 % Une rentabilité stable, voire légèrement en hausse depuis 2017.

    Même le confinement, qui a provoqué une baisse exceptionnelle du trafic autoroutier de - 80 %, n'entamera leurs profits que de manière modérée. L'ART estime que les sociétés de concessionnaires d'autoroutes ne perdront que deux milliards d'euros de chiffre d'affaires : pas de quoi remettre en cause leur rentabilité en 2020. Alors certes, l'argument d'entretenir des routes en piteux état (plus de 50 % sont à rénover, et 17 % du réseau routier national est très dégradé) plaide en leur faveur, mais à quel prix pour l'usager ? L'ART préconise de maintenir la gratuité de l'accès à ces sections en rallongeant les - juteux - contrats des concessionnaires. Mais ceux-là, prolongés à plusieurs reprises, courent déjà jusqu'en 2031 et 2036. Une suggestion qui va à contre-sens du chemin que prennent nos voisins européens, notamment l'Espagne, qui commence à renationaliser, et l'Italie, qui a résilié l'un des contrats à la suite de l'effondrement du pont de Gênes.

    Quoi qu'il en soit, une commission d'enquête du Sénat est en cours. Elle pointe en particulier l'erreur stratégique d'avoir laissé la manne financière aux mains des concessions. La commission doit rendre son rapport mi-septembre. Avec, à la clé, des propositions favorables aux usagers ? On peut rêver.

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  • Après une rixe ce lundi 14 septembre, des coups de feu ont été tirés dans la ville de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. La brigade anti-criminalité a découvert les corps de deux hommes sans vie dans une cave. Une troisième personne a été blessée et transportée à l'hôpital. Une cellule de crise va être mise en place par la municipalité.

     


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